Drake a obtenu l’autorisation d’accéder aux documents confidentiels de la maison de disques dans le cadre de son procès en diffamation lié à la chanson Not Like Us de Kendrick Lamar.
Le rappeur avait demandé des copies du contrat d’enregistrement de Lamar, ainsi que des détails sur les salaires et primes des dirigeants d’Universal Music Group (UMG). Il accuse le label de diffamation pour avoir autorisé la publication et la promotion du titre, qu’il considère comme véhiculant un « récit faux et malveillant » le qualifiant de pédophile.
Le mois dernier, UMG a tenté de faire rejeter l’affaire, jugeant la plainte « illogique » et dénonçant une tentative de « museler » l’expression artistique de Lamar. La société avait également demandé une suspension du processus de collecte de preuves en attendant l’examen de sa requête.
Cependant, mercredi, la juge Jeannette A. Vargas a ordonné la poursuite de cette phase d’investigation. L’avocat principal de Drake, Michael Gottlieb, s’est félicité de cette décision, déclarant à la BBC : « Il est maintenant temps de découvrir ce qu’UMG cherchait désespérément à dissimuler. »
D’après un document judiciaire, l’équipe de Drake réclame l’accès à « tous les contrats entre UMG et Kendrick Lamar », ainsi qu’aux informations sur les salaires et les primes des cadres de la maison de disques depuis 2020. UMG s’y est opposé, arguant que cette demande entraînerait un processus « long et coûteux » de collecte d’informations sensibles, représentant un « fardeau excessif » alors que l’affaire pourrait encore être classée.
Une audience pour statuer sur la requête en rejet est prévue le 30 juin.
Ce procès s’inscrit dans le cadre de la rivalité de longue date entre Drake et Kendrick Lamar, qui s’est intensifiée l’année dernière avec une série de morceaux de rap hostiles. Drake avait notamment accusé Lamar de violences conjugales, ce à quoi ce dernier avait répliqué avec Not Like Us, l’accusant, ainsi que son entourage, d’être des « pédophiles certifiés » devant être « fichés et surveillés ».
Dans sa plainte, Drake affirme qu’UMG était conscient du caractère diffamatoire des paroles de Lamar, mais a choisi d’exploiter la polémique à des fins lucratives. Il accuse également la maison de disques d’avoir collaboré avec Spotify pour gonfler artificiellement les écoutes de Not Like Us, une accusation que les deux entreprises ont démentie.
En réponse, Universal a qualifié ces allégations de « totalement infondées » et a rejeté l’idée qu’elle aurait cherché à ternir l’image d’un artiste aussi influent que Drake. L’entreprise a rappelé que le rappeur a toujours utilisé UMG pour diffuser sa musique et participer à des clashes artistiques, et qu’il ne pouvait maintenant se retourner contre elle après avoir « perdu une battle qu’il avait lui-même initiée ».
Selon le label, Drake tente désormais d’instrumentaliser la justice pour censurer l’expression artistique de Kendrick Lamar et réclamer des dommages et intérêts à Universal pour avoir diffusé la chanson.
Not Like Us s’est imposé comme le plus grand succès commercial de Kendrick Lamar, devenant son premier numéro un au Royaume-Uni peu après sa performance au Super Bowl en février.